Black History Month — Honorer nos Bakulu : James Black, astrologue noir de Chicago
- Gresmy Simon

- 31 janv.
- 4 min de lecture

En ce mois de Black History Month, nous célébrons nos Bakulu — nos ancêtres, ceux et celles qui ont ouvert des routes avant nous, parfois dans le silence, parfois dans l’ombre, mais toujours avec force, intelligence et mémoire.
Ce mois-ci, j’ai choisi d’honorer une figure moins connue du grand public, mais précieuse pour notre histoire spirituelle : James Black, astrologue afro-américain à Chicago, dont la voix et la présence ont été enregistrées et conservées dans les archives nationales américaines, à la Bibliothèque du Congrès (Library of Congress) .
Pourquoi est-ce important ? Parce que lorsque nos voix sont archivées, nos savoirs ne disparaissent pas. Ils deviennent preuve, mémoire, héritage.
Qui était James Black ?
James Black apparaît dans les collections de la Library of Congress comme “astrologer, Chicago, Illinois”, avec une photographie datée du 25 mai 1977.
Il fait aussi l’objet d’une interview audio en deux parties réalisée la même année, dans laquelle il parle de son parcours, de sa vision de l’astrologie, et de la manière dont la connaissance du ciel peut éclairer la vie humaine.
Ce point est fondamental : James Black n’est pas une simple légende. Il existe une trace officielle, accessible, consultable. Il fait partie de ces Bakulu modernes qui ont travaillé, transmis et marqué leur époque à leur manière.
Ce que l’archive nous révèle de sa mission
Les descriptions d’archives présentent James Black comme une figure influente dans l’astrologie, et son discours met en avant plusieurs idées fortes.
1) L’astrologie comme science du temps
James Black insiste sur l’importance du temps : pour lui, l’astrologie n’est pas une distraction, mais un art de lire les cycles — savoir quand avancer, quand attendre, quand observer.
Dans une tradition comme la nôtre, cette idée résonne profondément : maîtriser le timing, c’est maîtriser une partie de son destin.
2) Les astres comme langage spirituel
Dans les résumés d’archives, il décrit les étoiles comme une forme de révélation et l’astrologie comme un langage par lequel le divin parle aux êtres humains.
Que l’on partage ou non cette formulation, le message est clair : le ciel est un livre, et ce livre n’appartient pas à une seule culture.
3) Une logique de transmission
James Black partage aussi un récit de formation : enfant, en Alabama, il raconte avoir reçu un enseignement d’un vieil Africain qui lui aurait transmis des clés de connaissance liées à une astronomie africaine/“égyptienne”.
Ici, il faut comprendre ceci : c’est son témoignage, sa manière d’exprimer une filiation. Même sans pouvoir tout “prouver” dans les détails, l’essentiel est la posture : James Black se présente comme un homme de lignée et de transmission.
Et c’est exactement ce que nous honorons pendant Black History Month : la continuité de la connaissance malgré l’effacement.
4) Relier les cycles du ciel à l’Histoire
Les archives indiquent aussi qu’il proposait des lectures astrologiques de grands événements et figures historiques, reliant les cycles célestes à des tournants majeurs.
Cela montre une chose : il ne se limitait pas aux sujets individuels. Il voyait l’astrologie comme une grille de lecture collective, capable d’interroger le destin d’un peuple, d’un pays, d’une époque.
Son accomplissement le plus précieux : transmettre et laisser une trace
On peut se demander : “Qu’a-t-il accompli ?”La réponse n’est pas seulement dans un titre ou une célébrité.
1) Il a incarné la fonction d’Ancien (Elder)
James Black représente la figure du conseiller : celui qui lit le temps, qui aide à comprendre les cycles, qui ramène la clarté.
2) Il a affirmé un droit : le ciel nous appartient aussi
À travers sa parole, il défend l’idée que l’astrologie et la science du ciel ont leur place dans l’expérience noire, et qu’il est essentiel de reprendre ces outils avec dignité.
3) Il a été archivé — et cela, c’est une victoire
Sa photo et ses interviews sont conservées dans une institution nationale. Dans une histoire où tant de voix noires ont été effacées, cette conservation est un acte immense : la preuve que nous étions là, que nous savions, que nous parlions, que nous transmettions.
5 enseignements à retenir pour ce mois
1) Honorer aussi les figures “invisibles”
Tous nos Bakulu ne sont pas des noms mondialement connus. Certains ont été des piliers locaux, des porteurs de feu dans leur ville, leur communauté, leur génération.
2) Le ciel est un héritage
Lire le ciel, comprendre le temps, observer les cycles : ce n’est pas une mode. C’est une technologie ancienne de survie, d’organisation et de souveraineté.
3) Macrocosme et microcosme
Le grand monde donne un climat, et notre monde intérieur reçoit, traduit et matérialise. Quand on apprend à se régler, on traverse les saisons du temps avec plus de puissance.
4) Le timing protège
Une grande partie du destin se joue dans le “quand”. Le bon acte au mauvais moment devient difficile. Le bon acte au bon moment devient fluide.
5) Transmettre, même sans validation
James Black n’a pas attendu que le monde “autorise” son savoir. Il a travaillé, parlé, enseigné. Et aujourd’hui, sa trace est là.
Conclusion — Célébrer James Black, c’est célébrer la continuité
En honorant James Black, nous honorons plus qu’un homme.
Nous honorons :
la mémoire des Bakulu,
la continuité d’une science du temps,
la souveraineté spirituelle,
et le droit de notre peuple à lire le monde avec ses propres outils.
Que ce mois soit un rappel : nous ne venons pas de rien. Nous venons d’une lignée.










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